Dans mes lectures du dernier mois, j'ai lu, entre autes, quelques-unes des BD qui ont eu un prix à Angoulême à la fin du mois de janvier. Comme il y en a beaucoup je vais être succinct.Parlons rapidement des séries que je suis et que j'apprécie depuis quelques temps :
Prix de la série : Blacksad
C'est étrange de décerner un tel prix pour une série qui ne comporte que trois tomes qui sont plus ou moins autonomes les uns par rapport aux autres. J'aurais plus décerné le prix du dessin, tant la mise en image de Juanjo Guarnido est extraordinaire, alors que le scénario de Juan Diaz Canalès est beaucoup plus convenu... Néanmoins, si jamais ce n'est pas encore fait, je vous conseille d'aller lire cette série, publiée aux éditions Dargaud.
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Prix Jeunesse 9-12 ans : Sillage
Là encore, il y a comme une erreur de casting pour un tel prix. Que la série racontant la jeunesse de Nävis, l'héroïne de Sillage, apparaisse dans la sélection ne m'étonne pas, tant la cible est manifestement les jeunes lecteurs. Par contre, il est très étonnant, voire abherrant, que la série Sillage obtienne un prix jeunesse, surtout au moment de la parution du 8ème tome « Nature Humaine » qui démontre une certaine maturité, qui était déjà présente par les thèmes abordés par cette série de science-fiction. Donc oubliez ce prix (décerné par le public je rappelle) qui ne correspond pas à la série et essayer cette série très intéressante de Jean-David Morvan et Philippe Buchet (chez Delcourt).
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Passons maintenant aux albums que j'ai découvert lors du mois de janvier :
Prix du Premier Album : Aya de Yopougon Premier album très sympathique, racontant la vie dans une ville africaine à la fin des années 1970. On suit les aventures d'Aya, enfin plus les turpitudes amoureuses de cette jeune fille studieuse et de ses amies beaucoup moins sages. Cet album permet à Marguerite Abouet de raconter son Afrique, loin des clichés misérabilistes. Le trait de Clément Oubrerie est simple pour ne pas dire simplisme. Néanmoins c'est assez frais et très sympathique à lire. |
Prix du Meilleur Album : Notes pour une Histoire de GuerreAyant découvert Gipi à l'occasion de la sortie des premiers albums de la collection Bayou (dirigée par Sfar chez Gallimard) et donc de ma première BD de cet auteur italien (Le Local), j'ai donc lu, après les conseils d'un ami et surtout le prix du meilleur album, Notes pour une Histoire de Guerre.Dans un pays dont on ne connais pas le nom, la guerre éclate et oblige trois jeunes gens à trouver des moyens pour s'en sortir, le plus simple étant de s'acoquiner avec les caïds du coin... On les suit donc dans leur ascension tandis que le pays sombre dans le chaos.Le point fort de cet album n'est pas le dessin, épuré, limite caricatural, juste souligné par une touche d'aquarelle grise et pourtant très expressif et efficace. C'est surtout la technique narrative qui est très bonne. Gipi ne nous fait pas de leçons de morale et signe là un album de très bonne facture.
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Prix du Scénario + Prix du Public : Les Mauvaises Gens Voilà un album que j'offrirais bien à mon père. Pas grand chose à dire sur cet excellent album qui raconte l'émergence d'un mouvement syndicaliste dans une région de la France très marquée par la religion. Couvrant une période allant de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale à l'élection de François Mitterand, Étienne Davodeau raconte l'histoire de ses parents. C'est parfois touchant, parfois révoltant, l'auteur réussit parfaitement l'exercice du documentaire en BD. |
Grand Prix : Lewis Trondheim Je n'ai pas lu toute la bibliographie de ce monsieur, mais je me suis attaqué aux Formidables Aventures de Lapinot (en les empruntant à une amie). J'avais déjà essayé de lire les séries de l'univers Donjon chez Delcourt co-écrit avec Joan Sfar que j'avais peu apprécié (mis à part la série-mère Donjon Zénith dessinée par... Trondheim). J'ai donc lu les 4 premiers tomes de la série (« Slaloms », « Blacktown », « Pichenettes » et «Walter»). Déjà premier point : certains tomes ne se situent pas dans le même univers (« Blacktown » et «Walter») que les autres. Certes les personnages réccurents sont là (Lapinot et Richard surtout) mais c'est assez marrant de voir l'auteur s'essayer à d'autre genre. Pour le moment j'ai vraiment bien aimé ce que j'ai lu, un mélange de légèreté, d'aventures et de réflexions un peu plus profondes. Le tout est enrobé dans un dessin assez particulier, propre au président du prochain Festival d'Angoulême, que j'apprécie pour sa simplicité.
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