Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 09:52
Je travaille depuis plus de 3 mois dans ma nouvelle librairie. Si le mois de décembre a été vierge de séance de dédicace, nous nous sommes bien rattrappé à partir de janvier avec une quinzaine d'auteurs qui sont venus ou qui viendront avant la fin du mois de février. Je vais vous parler plus spécifiquement des auteurs nord-américains que j'ai pu (ou non) rencontrer dernièrement.


Avantage du métier de libraire, j'ai réussi à en avoir quelques unes. Mais ça n'a pas toujours été facile. Je passerais sur la séance de Ted Naifeh, l'auteur de Courtney Crumrin (chez Akileos), que nous avions invité le 19 janvier pour la sortie de l'intégrale. J'avais trouvé le premier tome plutôt sympa mais pas très novateur. La lecture du second m'avait plus emballé et j'étais décidé à faire dédicacer l'intégrale. La dédicace se déroulait un vendredi après-midi et la frustration fut grande... Je m'explique : si en semaine la fréquentation du magasin est plutôt réduit, à partir du vendredi après-midi ça devient un peu plus sportif pour nous, vendeurs. Non pas que l'on glande le reste de la semaine, mais le week-end nous ne faisons rien d'autre que nous occuper de nos clients. Et le vendredi, en plus de servir les clients, nous rangeons aussi un maximum le magasin pour que le week-end se déroule dans les meilleurs conditions. Je n'ai donc pu que dire bonjour à Ted Naifeh et à peine regarder ce qu'il faisait. Quand je suis parti, il n'avait toujours pas terminer de faire les dédicaces des clients et je n'ai même pas pu échanger un mot avec lui...


Pour la venue de Niko Henrichon, le dessinateur de Pride of Baghdad (avec Brian K. Vaughan, chez Vertigo/Panini), nous avons décidé de changer un peu de mode de fonctionnement. Si 20 tickets ont bien été distribués comme précédemment, nous nous en avons pris pour nous. Ce qui faisait 20 tickets dont les employés, au lieu des habituels 20 tickets + les employés qui aimeraient une dédicace. Et nous avons bien fait. L'auteur, arrivé à 17h, n'est reparti qu'à la fermeture du magasin, à 21h. Comble de l'horreur, j'ai même du le presser pour qu'ils fassent au moins les dédicaces pour les derniers clients et je n'en étais pas fier.
Mes collègues et moi n'avons eu que de petits dessins par rapport aux merveilles qu'il faisait au début.
Néanmoins la séance s'est globalement bien passée. Niko est québecois et ça facilite les échanges. Les clients venus pour la dédicaces ont été des plus courtois, même s'ils ont été parfois un peu exigeants.
Si vous n'avez pas encore lu son album, n'hésitez pas ! Si je déplore l'impression (les couleurs ne sont pas aussi profondes) et le recadrage par rapport à l'édition américaine, l'histoire est très bonne et nous amène à réfléchir sans être moraliste. Il faudrait que je le relise pour vous faire une article un peu plus détaillé mais je me contenterais d'un "Lisez-le !!" (le mieux étant de le lire en VO si vous n'êtes pas anglophobes).

Un singe


Le lendemain c'est un américain qui est venu dédicacer ses œuvres traduites en France. Ses albums étant en noir et blanc ainsi que le fait qu'il ait déjà fait des dédicaces les jours précédents, l'engouement a été moindre que pour Naifeh ou Henrichon. Eric Shanower est passionné par l'Antiquité et sa série L'Âge de Bronze (chez Akileos en France) le démontre bien. On sent qu'il y a un travail de recherche monstre derrière chaque planche. Le style graphique est assez académique et, si la multiplicité des personnages et le côté parfois un peu bavard de la série, la Guerre de Troie est plutôt bien restituée. Je n'ai pour le moment lu que le premier tome de la saga qui n'était que le prélude avec l'enlèvement d'Hélène par Pâris et la constitutions de l'armée grecque par Agamemnon mais j'étais très enthousiaste à l'idée de pouvoir discuter avec l'auteur.
Comme je le disais, cette séance a été plus calme. J'ai pu prendre le temps de discuter avec lui pendant qu'il me dédicaçait le tome 2, même s'il est assez réservé. Quand ma journée de travail fut terminée, il n'avait personne, j'en ai profité pour lui faire dessiner Hector sur le tome 3, le rival légendaire de celui que j'avais eu sur le tome 2.

AchilleHector

Début février, quelqu'un de la maison d'édition Paquet nous appelle un matin pour nous prévenir qu'un auteur allait venir faire une dédicace dans l'après-midi. Au départ nous avons cru à une blague mais devant le sérieux de la requête nous avons du nous rendre à l'évidence : nous allions avoir le droit à une séance de dédicace surprise. Heureusement que Tony Sandoval avait une nouveauté dans la semaine et que nous avions été livrés un peu en avance sinon le dessinateur de Vieille Amérique (avec Antunes, chez Paquet) n'aurait rien eu à dédicacer.
Ce Mexicain vient de publier Le Cadavre et le Sofa (toujours chez Paquet), une histoire d'enfants un peu fantastique et un brin morbide. J'ai particulièrement apprécié les dessins et l'ambiance qui se dégageait de cet album.
Pour le coup il n'a eu quasiment personne et j'ai pu donc longuement discuter avec lui de ses projets (il travaille actuellement sur la série 30 Days of Night (chez IDW aux États-Unis, 1 premier tome chez Delcourt en France)) et de ses relations avec certains auteurs mexicains un peu plus connu comme Humberto Ramos ou Paco Medina. La conversation a aussi dérivées sur des sujets plus vastes comme les voyages à l'étranger ou même la similarité entre certaines langues... Bref c'était très sympa. J'espère qu'il ne s'est pas trop ennuyé, en tout cas il avait du temps pour soigner ses dédicaces !!!

Sophie
Par Tifou - Publié dans : Un dessin en plus
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 22:26
Quand j'étais jeune, j'étais con... (La phrase exacte devrait plutôt être "quand j'étais plus jeune", parce que bon, hein, c'est pas parce que je suis bientôt trentenaire que je ne suis plus jeune, nan mais ho !) (Je suis peut-être toujours con maintenant, mais je pense l'être un peu moins.) Donc quand j'étais jeune, en gros à partir de 1992, j'ai découvert le rap et pendant des années ça a été quasiment la seule musique que j'écoutais. Ce n'est pas parce que j'écoutais du rap et m'intéressait à la culture hip-hop que j'étais con, mais surtout que d'un côté je prônais le respect, la tolérance et de l'autre je ne respectais même pas mes propres goûts.

Comme je l'ai dit dans un précédent article (ça va pas être difficile à trouver : en 1 an je n'en ai écrit que 29 quand certains en ont écrit 100 de plus (bravo Fei, bientôt 1 an de blog !!!)), à cette époque, le rock était banni de mon répertoire musical. Je ne sais pas bien pourquoi, sûrement une question de "rebel attitude". Réaction face à la figure parentale entre autre je pense. Mon père étant un très grand amateur de musique en général, de rock plus particulièrement, surtout le rock des années 1960 et 1970, j'ai été bercé par les disques de Led Zep', The Doors, The Who et bien d'autres. Ma crise d'adolescence n'a pas été très difficile mais je pense que mon refus total du rock a été une façon pour moi de "tuer le père". Et puis il y avait les autres, les copains, les camarades qui dans l'immense majorité (en tout cas c'est comme ça que je l'ai ressenti) écoutait du rock. Pour simplifier, j'écoutais du rap, ils écoutaient du hard. Et ça me plaisait de ne pas manger la même soupe que les autres !!!

Si les noms de Nirvana et Metallica était honnis (parce que cités par la majorité de mes camarades), il y avait des failles dans mon armure anti-rock. Il y a eu des exceptions comme les morceaux "Smell like Teen Spirit" de Nirvana ou "Canonball" des Breeders que j'ai apprécié sans le cacher ou même l'album de Pantera Vulgar Display of Power (que j'ai réécouté dernièrement sans l'apprécier autant qu'il y a 10 ans). Il y avait les groupes que j'aimais avec une justification plus ou moins bancale : Rage Against the Machine et Downset parce que c'est plus rappé que chanté, Body Count parce que c'est Ice-T qui a monté le groupe. De plus j'ai toujours aimé les cross-over, comme on dit dans le jargon des comics, comme Public Enemy qui invite Anthrax sur un morceau, la B.O. du film Judgment Night (Living Colour & Run DMC, Slayer & Ice-T qui chantent du The Exploited, Pearl Jam & Cypress Hill, etc.), la sortie du premier album solo d'Everlast (leader de House of Pain) à fortes sonorités rock, La Brigade qui pousse une gueulante avec Mass Hysteria, sans parlé du groupe de rap le plus métal qui soit et qui fait parti de mon panthéon du rap : Cypress Hill.

Les choses ont changé, mon désintérêt pour un style qui est devenu selon moi une caricature de lui-même et où la majorité des groupes ne parle que du quatuor Femmes-Fric-Flingues-Flics s'est accentué par l'élargissement de mon univers musical. Ça a commencé avec la découverte des premiers albums de Gorillaz et de Bénabar, ainsi que celle de Make Yourself d'Incubus. J'ai commencé à écouté Ouï FM et a apprécié des groupes comme Placebo, Muse, les Red Hot Chili Peppers, System of a Down et même Linkin Park... Maintenant que j'achète des albums de Nirvana, je me dis que franchement j'étais con quand j'étais jeune !!
Nervermind, que j'ai acheté 7€ il y 15 jours, figure en bonne place dans mon lecteur MP3 aux côtés de rappeurs comme Sinik ou Talib Kweli, de rockeurs comme Incubus ou Bloc Party, de choses plus électro comme The Good, The Bad and the The Queen et, depuis que je suis devenu activiste breton cet été ^^, le best-of du Bagad Kemper...



Maintenant que je vous ai raconté ma transformation, passant du B-Boy de base à un look plus... chevelu, je vais essayer de vous parler de deux groupes en particulier.

Je viens d'acheter des places pour le concert qu'Incubus va donner fin mars au Zénith de Paris. Ce groupe californien est abusivement classé en metal dans certaines Fnac, mais c'est du rock assez éclectique qu'ils produisent, ajoutant des ingrédients plus funky ou plus hip-hop à leurs morceaux, me rappelant tantôt Jamiroquai, tantôt les Red Hot, voire d'autres. Si Make Yourself reste mon album préféré (d'ailleurs je vous invite à y coller une oreille), le précédent (S.C.I.E.N.C.E., 1997) et le suivant (Morning View, 2001) sont à peu près du même tonneau. Le dernier en date, Light Grenades, fait plus que se laisser écouter... J'ai vraiment hâte d'aller les voir !!

Découverts par le biais de Ouï FM et de leur tube "Banquet", l'album Silent Alarm de Bloc Party fait parti des souvenirs que j'ai ramené de Londres l'année dernière. Une fois l'écoute entamée, je n'ai pas pu en décrocher... Ce groupe anglais proposait un album plein de pêche, tout en musicalité. J'ai été impressionné par la base rythmique (batterie + basse) très technique mais qui est vraiment utilisée comme des instruments à part entière. La voix du chanteur est étouffé mais la façon dont il chante rappelle les meilleurs groupes de pop-rock anglais, avec des relents de new wave. Depuis mars dernier, il ne passe pas une semaine sans que j'ai écouté au moins une fois cet album. Leur deuxième album A Weekend in the City vient de sortir. Beaucoup plus calme que le précédent, je l'aime globalement moins même s'il reste un très bon album...
Par Tifou - Publié dans : J'raconte pas ma vie, si ?
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Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 11:57
L'événement sportif le plus regardé dans le monde chaque année approche à grands pas. Les finales des deux Conférences qui composent la NFL (AFC et NFC) se sont déroulées il y a 10 jours et j'ai été agréablement surpris que France 2 les retransmette. J'ai donc pu voir, dans son intégralité, la finale de l'AFC opposant les New England Patriots aux Indianapolis Colts. Ce fut un beau match plein de rebondissements et de belles actions. Personnellement j'ai plus apprécié le jeu des Patriots mais malheureusement les Colts ont bien mieux géré la fin de match (38-34). Les joueurs de l'Indiana rencontreront les Bears de Chicago qui ont dominés les Saints de la Nouvelle-Orléans (39-14). Le Superbowl sera, lui aussi !!, retransmis par France 2 dans la nuit du 4 au 5 février prochain. J'ai loupé celui de l'année dernière et je suis un poil frustré de ne pas pouvoir voir plus de match à la télé depuis quelques temps alors cette nuit-là je serais devant ma télé... ou alors mon magnéto se réveillera ^^

Vous vous demandez sûrement ce que vient faire le Superbowl dans la rubrique nomalement destinée aux articles sur les mangas. Tout simplement parce que j'ai découvert il y a peu de temps une très bonne série sh
ōnen, qui met en scène une équipe de... football américain, vous avez bien deviné !!!
Le pitch est assez simple : Sena est tellement habitué à être le souffre douleur des plus forts, à faire leurs courses le plus rapidement possible qu'il a acquis une certaine technique de course sans le savoir. En entrant au lycée, il décide d'entrer dans un club de sport... Malheureusement pour lui son chemin croise celui du démoniaque Hiruma, impressionné par la façon dont Sena court et évite les obstacles. C'est décidé Sena sera la... troisième recrue du club de foot US !! Seulement celui-ci est constament protégé par Mamori, son amie depuis toujours. Il ne s'engage donc qu'en tant que responsable, alors qu'un mystérieux et talentueux running back, Eyeshield 21, fait son entrée dans l'équipe. Un peu comme un super héros, Sena n'est pas reconnu par Mamori lorsqu'il a son costume d'Eye Shield 21 !
On est bien évidemment dans un
shōnen sportif assez archétypal, mais à l'instar d'un Hikaru no Go, Eye Shield 21 se démarque par la progression assez réaliste du personnage principal et de ses coéquipiers (si si ils sont plus de 3 un peu plus loin dans la série) et surtout par le suspens qui se démarque des matchs. Bien entendu l'équipe est composée en majorité de novices et ne peut gagner tous ses matchs. Mais se nourrisant des qualités propres à chacun des joueurs, elle progresse, et balaye le doute qui survient quelques fois. Il faut aussi dire qu'Hiruma a parfois des moyens de pression assez convainquants. C'est en ça que la série se démarque de bien d'autres shōnen sportifs : elle ne se prend pas le moins du monde au sérieux. Si les explications des règles du footbal américain sont très bonnes (et du coup les rendent assez claires pour ceux qui n'y connaissent/comprennent rien), les personnages et les équipes sont très caricaturaux et il y a des situations plus que cocasses - et on m'a souvent regardé de travers dans le RER quand tout d'un coup j'éclatais de rire en lisant mon manga.
Bref pour le moment je n'ai lu que la moitié des tomes parus à ce jour, mais je m'éclate à chaque fois que j'en lis un !!

Eye Shield 21 de Riichirô Inagaki et Yûsuke Murata, 12 tomes parus chez Glénat (23 au Japon).
À lire aussi, l'article sur la série sur Wikipedia.
Par Tifou - Publié dans : C'est nippon (ni mauvais)
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